Sombres Apparences - Jill Thiel

 

Prologue

 

La journée est magnifique aujourd'hui. Le soleil réchauffe l’atmosphère élevant la jauge invisible de la bonne humeur chez les New-yorkais qui profitent de cet été indien. D’ici quelques jours, les arbres vont commencer à rougir et les journées à se raccourcir au rythme des températures qui commenceront à s’adoucir pour laisser place à un peu de vent et de pluie.

Donc oui aujourd'hui est une magnifique journée et les gens ont raison de profiter de ces rayons de soleil.

Tous les gens, dont elle.

Elle, elle est là tranquillement assise à sa table avec ses deux copines maquillées comme des bagnoles volées à faire des selfies lèvres en cul de poule ou à prendre leurs cocktails en photo pour ensuite les poster sur les réseaux sociaux afin de faire croire aux envieux que leur vie est mieux que toutes les autres.

Vies virtuelles. Rires synthétiques. Quelle bande de connasses.

Si elles savaient. Si elle se doutaient.

Surtout Elle.

Angela.

Ses cheveux blonds brillants reflètent les rayons du soleil à en aveugler les oiseaux qui volent.

Cette fille, c’est la plus belle de toutes. Enfin si on ne tient pas compte de la couche de maquillage qu'elle se fout sur la tronche évidemment. Comment elles appellent ça déjà ? Ah oui, le conturing. Moi je dirais que c’est plus l’art de faire transparaître la personnalité vide et insipide de ces filles au même titre que leur visage de poupée figée et impersonnelle.

C’est vrai qu’Angela n’est pas comme ses deux copines.

Elle est pire.

Camouflé dans ce décor, je fais comme les gens autour de moi ; je lézarde tout en l’attendant. La terrasse est bondée, beaucoup de personnes profitent de cette douce fin d’après-midi en buvant un verre entre amis. Elle l’ignore, mais je suis assis à deux tables plus loin qu’elles. J’entends des gens s’agacer de leurs nicassements de mouettes, moi je les observe ou je les guette, peu-importe le nom qu’on peut donner à cela. Elle m’agacerait peut-être aussi si j’étais là juste pour consommer un verre.

Je sors mon portable et lui envoie un pauvre message pseudo-romantique pour lui dire combien j'avais hâte de la rencontrer, combien j’avais envie de me perdre dans ses yeux, dans son rire… Tu parles, juste combien j’avais envie de la baiser et de lécher ses gros seins, et dieu sait qu’elle n’a pas lésiné sur les photos. Tiens, rien qu'en y repensant j'en banderais presque encore.

Voilà qu'elle ricane de plus belle, si je me perds dans son rire de crécelle, c’est clair que je n’en ressortirai jamais.

Elle montre son écran de téléphone à Connasse 1 et Connasse 2. Je pense qu’elle leur parle de moi. Probablement qu’elle l’a déjà fait d’ailleurs. Je me suis assez donné de mal pour qu’elle le fasse en tout cas. Je lui ai envoyé plein de photos de mon torse nu et plus encore. Elle a adoré. Évidemment qu'elle a aimé, je suis bâti comme un dieu.

En même temps, c’est normal avec mon métier, je ne peux pas me laisser aller. Quelle facilité quand on est pompier d’emballer des petites connes, ça l’a rendue encore plus chaude, moins farouche et j’ai reçu plein de photos de ses nibards. Pff ça fait genre les saintes-nitouches sur les réseaux sociaux et ça n'hésite pas à allumer en messages privés.

C’est pas grave, moi ça me va. Je ne cherche pas la femme de ma vie de toute manière, et puis ça tombe bien comme il n'y a que des putes en plus.

Je regarde ma montre : 18 heures. Elle se lève, elle fait la bise à ses mongoles de copines et elle quitte la terrasse du bar. Je sais où elle va. Il va être l'heure de notre rendez-vous. Enfin dans une bonne heure. Bye bye Angela, elle monte dans un taxi et disparaît dans le trafic routier.

Mon téléphone vibre, un message d'elle :

Je me prépare chou, j'ai trop hâte ! <3

Je lui ai répondu que moi aussi j'avais hâte.

Oh que oui j'ai hâte. Depuis le premier message que je lui ai envoyé et qui m'a valu une réponse immédiate, il y a de ça une semaine je crois et depuis je ne pense qu’à ça. On n'a pas arrêté de s'écrire et de s'envoyer des photos. On aurait pu se voir avant mais je n'étais pas prêt. Je voulais d'abord que tout soit au point dans ma tête et préparé dans les moindres détails. C'est la première fois pour moi mais ça elle ne le sait pas. Je ne peux rien laisser au hasard, c'est important la première fois. C'est celle qui marque le plus. Celle où on voit nos erreurs et où on se doit de faire mieux par la suite. Plus rapide, moins rapide, plus fort, moins fort, plus brute, moins brute, enfin bref, je n'ai pas envie de rater quoi que ce soit.

Je rentre dans ma voiture direction chez moi. Elle sera là bientôt. J'ai tout préparé, le champagne sur la table, les pétales de rose, le canapé gris en velours, les bougies et même la bouffe que j'ai fait livrer, même si je sais qu'on ne va pas y toucher. Ce n’est pas vraiment le but de bouffer.

Voilà je regarde ma montre. Plus que quelques minutes avant son arrivé. « Dring », l’interphone. Pile à l’heure. Je décroche et lui indique le numéro de mon appartement.

J'éteins les lumières pour laisser juste les bougies éclairer la pièce. C'est romantique pas vrai ? Ou ringard ? Non les salopes comme elle, aiment le romantisme, jusqu'à ce qu'elles se fassent baiser dans un lit comme des chiennes.

Elle frappe à la porte. J'ouvre. Elle entre. Jusqu’ici tout va bien.

Kyle, tu es là ? (elle marque une pause) Ouah c'est magnifique ! dit-elle en voyant le beau décor que je lui avais dressé.

Je ferme la porte et avant qu'elle ne se retourne, je lui bande les yeux.

Mais qu'est-ce que tu fais ? Je rêve où tu me la joues à la Christian Grey ?

Tu m'as dit que tu aimais ça, non ?

Je me rapproche de son oreille pour qu'elle sente mon souffle, ses bras nus laissent entrevoir sa chair de poule. Elle porte une robe rouge, rouge pute, qui lui moule les seins et le cul. Un délice. Je me mets face à elle et guide ses mains sur mon torse mais pas assez pour qu'elle s'attarde mais assez pour l'exciter.

Suis moi.

Je la prends par la main pour l’emmener dans ma chambre, elle marque une résistance, comme si elle avait deviné.

Tu ne crois pas que c'est un peu prématuré ?

Elle me fait quoi ? Elle a un regain de pudeur soudainement ?

Tu n'en as pas envie ? lui dis-je en rapprochant mes lèvres pour effleurer les siennes. Pourtant ce n’est pas ce qu’il m’a semblé.

Elle pousse un gémissement, j'attise son envie en passant ma langue sur ses lèvres entre-ouvertes, puis je finis par l'attirer jusque dans la chambre. Je la plante devant le lit, elle sourit. Elle est si belle. Si naïve. Elle me donne envie de la prendre là, tout de suite, mais il ne faut pas. Je fais glisser mes lèvres sur son cou, sa joue, elle gémit un peu. Ses mains viennent glisser dans mon dos, je vois que sa bouche cherche la mienne, alors je lui en donne possession. Notre baiser est fougueux, excitant. Mais je la repousse légèrement.

Viens là, me dit-elle en essayant de m'agripper.

Attends, j'ai quelque chose pour toi.

Elle sourit. Je sors un ruban et lui attache les mains devant.

Ah mais je vois que tu joues le jeu à fond.

Tu m'as dit que tu voulais de l'action romantique.

Tu te souviens de tout ce que j'ai dit...

Je me rapproche de son oreille.

De chaque mot...

J'allume la caméra, mais ça elle ne le sait pas. Je veux filmer cette première fois pour me rappeler de ce jour et la regarder encore et encore pour apprivoiser mes erreurs et ne pas recommencer. Je retourne vers elle, je la prends par la taille et l'embrasse.

Je déboutonne sa robe dans son dos et fais glisser le fin tissu sur ses épaules. Merde il bloque sur ses mains attachées, première erreur, je suis obligé de la détacher pour la rattacher. Je souffle un coup, hors de question que de me laisser déstabiliser. Allez c’est pas grave, elle rit, ça ne la dérange pas. Elle porte un soutien à gorge noir et rouge en dentelle et un string immonde mais ça on s'en fout.

Elle est bonne. Oh que oui elle est bonne.

Je lui dégrafe son soutif et ses gros seins perdent en gravité, moins bandant tout d'un coup. Tant pis, je les englobe de ma bouche l'un après l'autre, joue avec ma langue sur ses tétons. Elle pousse des gémissements, elle aime ça. Je la fais reculer jusqu'à la renverser sur mon lit.

Elle se laisse faire, elle est à moi. Tout à moi.

Je lui retire son string, épilée comme une gamine. Putain je bande comme un dingue. Je ne peux pas attendre plus, je me déshabille et défais la capote de l'emballage et sans attendre, lui fourre ma queue entre les jambes. Elle jouit comme la chienne qu’elle est. Elle crie qu’elle l’a longtemps voulu, longtemps attendu. Toutes les mêmes. Pendant que je lui mets des coups de hanches, mes mains glissent sous l'oreiller, je sors un nouveau ruban et lui bâillonne la bouche avec. Au début elle avait l'air réticente que je lui mette, mais elle était tellement excitée que j'aurais pu la baiser devant une équipe de foot qu'elle aurait été consentante.

Une fois que ses mains sont attachées, je continue de la faire jouir, d'ailleurs je fais de mon mieux pour essayer de me retenir...

Et merde trop tard...

J'essaie de faire comme si de rien était, mais évidemment elle s’en rend compte.

Je me dépêche, je tâte une nouvelle fois sous l'oreiller ; je le cherche, il était là putain !

Ah ça y est je l'ai.

Mon couteau.

Qu'est-ce qu'elle fout ? Elle essaie de retirer son ruban sur les yeux. Et merde elle l'a retiré. Je vois ses yeux s'écarquiller et la peur qui s'en dégage. Elle aurait aimé crier, mais le bâillon sur sa bouche l'en empêche.

Je transpire à grosses gouttes. Que faire ?

Reprends-toi mon vieux. Tu as pensé à cet instant durant tant d’années. Ne le gâche pas. Ne le gâche surtout pas.

Il ne faut pas que je perde le contrôle.

J'assène mon premier coup de couteau. La lame qui rentre dans sa poitrine me procure bien plus de jouissance que ma bite en elle. Je lève de nouveau mon bras et lui enfonce de nouveau la lame au milieu du ventre. C'est mou, c'est gélatineux, on dirait que je coupe un pudding dégueulasse. J'adore ça. Elle pousse des cris étouffés sous son ruban, elle me regarde, des larmes coulent sur ses joues et humidifient le tissu sur sa bouche. Son mascara et son liner noir dégoulinent au coin de ses yeux de biche qui me supplient d’arrêter. Mais le sang qui coule sur les draps me donne envie de recommencer. Si elle savait comme j'en ai pas fini avec elle.

Je jette un œil à la caméra.

Oui aujourd'hui est une magnifique journée pour moi.

Aujourd'hui c'est ma première fois.

La première fois que je tue quelqu'un.

 

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